Les solutions alternatives contre le chômage

solutions chomageApparemment, les solutions utilisées pour réduire le chômage ne fonctionnent plus.

Voici un tour d’horizon des problèmes structurels: Sur quelles hypothèses reposent ces politiques publiques? Quelles solutions alternatives existent? etc.

 

Les méthodes utilisées contre le chômage reposent la plupart du temps sur les idées suivantes:

  1. Améliorer la compétitivité grâce à une politique industrielle (ce qui ne semble pas vraiment marcher au bout de 10 ans).
  2. Subventionner l’emploi des personnes en difficulté sur le marché du travail
  3. Favoriser l’innovation et attirer des entreprises internationales, qui créeraient de l’emploi
  4. Encourager les gens à créer leur propre emploi, par une libéralisation progressive du marché du travail (travail temporaire, etc.)
  5. Favoriser la production et consommation locale

Ces politiques reposent sur deux idées implicites

Toutes ces politiques de lutte contre chômage reposent sur une idée simple, qui n’est certainement plus valable aujourd’hui : ces politiques partent du principe qu’il y a du travail pour tout le monde. Je cherche toujours la preuve que cela soit possible. Mes dernières lectures sur le sujet semblent indiquer le contraire : la productivité augmente constamment ; on produit de plus en plus avec de moins en moins de personnes. La tendance est à l’automatisation des tâches: il y aurait donc de moins en moins de travail. C’est ce que j’ai compris de deux rapports (ici et ici) rédigés par le cabinet de conseil en stratégie, McKinsey. Les auteurs des rapports McKinsey affirment rapidement que l’augmentation de la productivité a toujours conduit à la création d’emploi, mais j’aurais besoin de plus d’arguments pour en être convaincu. Un article du financial times confirme aussi mes inquiétudes; vous pouvez en lire une traduction française ici : asservissons les robots, libérons les pauvres.

augmentation productivite impact sur taux de chomage
Evolution de la productivité (source: http://www.epi.org/publication/ib330-productivity-vs-compensation/ )

Il y a une autre hypothèse implicite derrière le concept de chômage : le marché du travail. Tant que nous voulons réduire le taux de chômage, nous reconnaissons la nécessité du marché du travail comme seul moyen de régulation. La tendance actuelle semble montrer que le marché n’est pas forcément le meilleur moyen pour organiser la « survie » des gens et leur épanouissement, car le marché est toujours en quête de plus de productivité. L’idée du marché du travail nous semble normale aujourd’hui, car nous avons été habitué à cela et il est difficile d’imaginer autre chose. Dès notre plus jeune âge, on a intégré que nous « devons » trouver un travail pour vivre. Mais avons-nous vraiment besoin du marché du travail comme moyen unique de régulation ? N’y a-t-il pas d’autres moyens complémentaires ? Le marché du travail est un système qui s’est établi progressivement au cours du XIXème siècle, comme le décrit Polanyi dans La grande transformation.

La tendance actuelle : « bullshit » jobs et précarité?

Sommes-nous prêts à faire décroître la productivité afin que chacun ait un travail ? Apparemment non. La tendance actuelle est plutôt à la création de jobs précaires et de « bullshit jobs ». Les bullshit jobs sont des jobs ressentis comme inutiles par ceux qui les exercent, mais qui peuvent ramener beaucoup d’argent. Ces jobs inutiles existeraient uniquement afin que les gens soient occupés et payés. Ce type de job absurde (?) serait souvent générateur de stress, de burn-out et de souffrance…

Les solutions alternatives pour mener une « bonne vie » : expérimentations et recherches en cours

Plusieurs mouvements sociaux et politiques (incluant aussi des « business people ») suggèrent que des changements structurels doivent être apportés au système actuel de production. Par exemple, quand on voit que de milliers de personnes travaillent gratuitement pour des communautés open-source (Linux, Wikipedia, etc.) et qu’elles sont capables de développer des produits et services meilleurs que ceux produits par des entreprises classiques, je me pose des questions sur la valeur du travail salarié et sur les modes d’organisation du travail les plus justes. A quoi bon créer du travail salarié, si les bénévoles peuvent faire mieux et créent des biens communs qui bénéficient à tous. L’impact social de ces bénévoles serait plus fort que celui de leurs équivalents qui sont salariés. Ne serait-il pas plus logique de fournir un salaire de base à ces bénévoles et les laisser libre de choisir l’activité où leur impact social sera le meilleur ? De nombreuses solutions potentielles émergent autour de ces idées et sont l’objet d’expérimentations (évidemment, toutes ces idées sont loins d’être parfaites, mais elles donnent matière à réflexion):

Ces programmes de recherche et d’expérimentation apparaissent progressivement dans des universités, écoles de commerce et dans la société civile… dans le monde entier. Ils proposent des alternatives structurelles au mode de fonctionnement actuel et pourraient corriger certains déséquilibres. Bref, de nouvelles formes d’organisation et de nouveaux processus entrepreneuriaux à suivre…

Crédits photo : Theconversation.com

4 réflexions sur “Les solutions alternatives contre le chômage

  1. N’oublions pas cependant la psychologie humaine et les comportements qu’elle engendre en l’absence de contraintes. Un salaire de base à tous en laissant la liberté de choisir l’activité? Sommes-nous certains che tous choisiront une activité avec une utilité sociale? Sommes-nous sûrs qu’ils choisiront une activité tout court? Rien n’est moins sûr…On en revient aux Phalanstères de Charles Fourier au XIXème siècle, ou même au film « Divergent », avec une utilité sociale assurée à tous en fonction de son profil psychologique. De belles utopies qui cependant ont toutes finies assez mal. Peut-être un contre-exemple dans une certaine mesure, les kibbutz en Israel, mais fondés sur un esprit communautaire, une vision de la société et un objectif communs très fort. Malheureusement dans les sociétés occidentales actuelles, et en particulier en France, je doute très fort que cette cohésion et unité existent, pour laisser la population libre de faire les bons choix vers une utilité sociale commune.

    1. Je serais plus pour de petites expérimentations progressives, pour voir si l’esprit des utopies qui ont échoué dans le passé peut fonctionner mieux ou différemment aujourd’hui, en les adaptant au contexte et technologies actuelles. Le contexte actuel est quand même très différent: avec le web, un savoir, en théorie, n’a besoin d’être développé qu’à un seul endroit et il peut ensuite être adapté localement selon les besoins et la culture; il est désormais possible de produire à moindre coût et avec peu de main d’oeuvre tout ce dont nous avons besoin pour mener une « bonne vie ». Cela me laisse penser qu’il n’y aurait plus besoin de travailler autant et dans ce cas: est-ce qu’il y a vraiment besoin que chacun ait une activité « utile » ou une activité tout court à terme? Etant donné que la richesse produite actuellement peut nourrir l’ensemble de la planète, je me demande si des idées alternatives comme celles ci-dessus ne permettraient pas une répartition plus équitable des ressources et réduiraient la nécessité de travailler « autant ».

  2. C’est un point de vue intéressant qui mérite d’être considéré sous divers angles. Ces solutions alternatives sont originales et je pense qu’on en verra davantage émerger dans le futur. Merci pour cet article :)

  3. Tu as omis une explication à cette hausse du chômage: l’explosion du nombre de stages peu ou pas du tout payés. La Loi dite « égalité des chances » n’est pas respectée: conséquence les entreprises moulinent du stagiaire à la tonne pour tous les métiers.
    Pourquoi recruter et payer quelqu’un de diplômé quand son copain de promo a 1 an de moins, est formé, motivé et…. gratuit.

    les esclaves étaient nourris et logés.
    Le stagiaire français n’est pas nourri, pas logé, ne touche pas un centime et est très diplômé.

    stages abusifs d’exploitation + travailleurs détachés + travail au noir = explosion du chômage.

    La lutte contre le chômage passe obligatoirement par la lutte contre les abus

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